Et si penser négatif était positif ?

Depuis sa création par Norman Vincent Peale en 1952, le concept de « pensée positive » est utilisé par un nombre grandissant d’adeptes, preuve en est le succès croissant des livres sur le sujet. Cependant, dans son excellent podcast « The Happiness Lab”, Dr Laurie Santos raconte comment le nageur Michael Phelps, en imaginant le pire a rendu son rêve olympique possible.

Penser négatif serait-il donc positif ?

Bob Bowman, entraineur de Michael Phelps, lui avait imposé en plus de son entrainement physique et technique, de pratiquer une méthode de visualisation mentale appelée aussi imagerie mentale. Cette technique utilisée par de nombreux sportifs consiste à vivre une expérience mentalement, en activant tous les sens qui y sont liés, de façon à ce que  l’action imaginée soit au plus proche de la réalité. En effet, la science a démontré, que notre cerveau ne faisait pas la différence entre ce que l’on réalise et ce que l’on imagine réaliser et que réaliser une action motrice ou imaginer la réaliser activait le cerveau de la même façon. Cette technique n’est pas réservée aux sportifs de haut niveau et peut d’ailleurs s’appliquer aussi dans notre vie quotidienne :  pour préparer un entretien d’embauche, réduire le stress de parler en public, préparer l’oral d’un examen etc.

Le jeune athlète devait donc se visualiser avec précision en train de nager, puis de gagner sa course olympique  et cela , jour après jour et année après année.

Lors des jeux olympiques de Pékin en 2008, en finale du 200m papillon, après des années de préparation et de visualisation de la course parfaite, Michael réalise en entrant dans l’eau que ses lunettes de piscine se remplissent d’eau. Impossible de s’arrêter pour les remettre en place et les enlever serait éliminatoire. Sa seule solution était de nager complètement à l’aveugle.

Ce que son entraineur ne savait pas, c’est que Michael, qui en avait eu marre de visualiser la course parfaite jour après jour, avait également commencer à visualiser les pires éventualités, comme par exemple avoir un problème de lunettes. Il savait donc exactement comment réagir et le nombre de mouvements  à faire. Résultat : un record du monde et une médaille d’or ! Si Michael s’était contenté de penser positif, le résultat aurait été bien diffèrent !

Bob Bowman explique, qu’il faut considérer le cerveau comme un ordinateur auquel vous fournissez des données. D’une part des données sur les objectifs à atteindre, d’autre part des données sur les différents scenarios possibles afin d’atteindre ces objectifs. Cela permet quel que soit l’obstacle rencontré, de savoir réagir sans avoir à y penser puisque l’information est déjà présente dans votre « base de donnée »

Il semble donc qu’imaginer le pire scenario puisse être utile.

(Petite pause auto-promo : si ce post vous intéresse, vous trouverez d’autres articles similaires sur mon blog)

Mais reprenons !

De nouvelles expériences en neuroscience commencent à démontrer que penser uniquement positif, ne serait pas aussi efficace qu’on ne le pense. C’est ce qu’a découvert grâce à ses travaux la professeure de psychologie Gabriele Oettingen et qu’elle appelle « contraste mental »

La visualisation positive consiste à se représenter avec le maximum de détails sensoriels, cognitifs et émotionnels nos souhaits comme déjà réalisés. Les recherches de Gabriele Oettingen ont montré que ces visualisations relaxent et détendent, mais par contre ne motive pas le passage à l’action. En effet les visualisations positives leurrent le cerveau lui indiquant que le désir est déjà réalisé. De ce fait, Il ne va pas motiver les ressources nécessaires au passage à l’action. Attention ! Elle ne dit pas que les visualisations positives ne servent à rien ! Et ne visualiser que les obstacles ne serait pas profitable non plus, car il manque l’issue positive. Ce qui fonctionne, c’est la combinaison des deux éléments ! Elle crée la méthode WOOP en anglais ((Wish, Outcome, Obstacles, Plan) ou DROP en français (Désir, Résultats attendus, Obstacles, Plan).

Comment ça marche ?

DÉSIR : Définir votre objectif global : par exemple, perdre du poids (faites-vous comme moi partie des 57% des français qui ont pris du poids pendant le confinement ?)

RESULTATS :  Quel résultat concret voulez-vous atteindre : moins 3 kg avant l’été.

Visualisez votre objectif atteint avec succès- comme Michael Phelps il faut que cela soit précis. Pensez à utiliser tous vos sens. Dans notre exemple, vous vous sentez plus léger, flottez dans vos vêtements, avez plus d’énergie, vous aimez votre reflet devant la glace…

OBSTACLES : Visualisez les principaux obstacles auxquels vous allez devoir faire face. Par exemple dans la perte de poids, être tenté en passant devant la boulangerie ou au restaurant.

PLAN : Qu’allez-vous mettre en place pour surmonter ces obstacles ?  L’idée peut être de changer de chemin pour ne plus passer devant la boulangerie, ou de vous assurer d’avoir toujours un fruit ou un encas sain pour ne pas craquer.  Au restaurant, votre plan pourra être par exemple de commander systématiquement de la salade, à la place des frites.

Bref vous comprenez l’idée.

Une façon ludique de rester concentré sur son objectif est de créer un tableau d’action. A la différence du tableau de visualisation dont le but est de clarifier vos objectifs et de vous inspirer, le tableau d’action va lister les actions spécifiques à accomplir pour atteindre votre objectif. Essayez de lister quelles actions vous devez accomplir chaque jour, semaine et mois pour atteindre votre but.

L’un peut tout à fait être un complément de l’autre. Vous pouvez par exemple créer un tableau de visualisation annuel à l’instar de Beyonce ou Oprah Winfrey, puis les compléter par plusieurs tableaux d’actions mensuels qui vont vous aider concrètement à atteindre vos buts. Ou alors vous combinez les deux, et transformez votre tableau de visualisation en tableau d’action !

Et la science dans tout ça ? Regarder quotidiennement votre tableau, permet à votre subconscient d’en enregistrer les images ce qui conditionne votre cerveau à saisir toutes les opportunités s’y rapportant, opportunités auxquelles vous n’auriez sinon pas fait attention. Y ajouter des actions concrètes quotidiennes même minimes, c’est la formule magique pour atteindre vos objectifs (En plus qu’il semblerait que ceux qui couchent leurs objectifs sur papier ont 80%  de chance en plus  de les atteindre !)

Alors ? Vous commencez quand ?

Relecture par Martine Limoges

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